Fiction: Métamorphose, chapitre 22

Métamorphose

Lundi 3 octobre

Mon téléphone sonna pour me réveiller, mais fort heureusement mon père avait prévu que cela ne suffirait pas et vint lui-même dans ma chambre.
- « Hebi, c'est l'heure. » chuchota-t-il.
Je grognai, puis me retourna dans mes couvertures avant de lui faire signe de partir. Je me levai une bonne dizaine de minutes plus tard, pris une douche et avalai un bol de céréales avant de débarquer dans le salon. A peine avais-je poussé la porte que j'entendis ma mère gronder.
- « Et tu ne pouvais pas me prévenir peut être?! J'ai crus que tu l'avais enlevée!
- C'est ridicule ce que tu dis, il me semble que tu pourrais me faire suffisamment confiance pour savoir que si je pars avec Hebi un week-end ce n'est en aucun cas pour lui faire du mal.
- Est-ce une raison pour ne pas me donner la moindre nouvelle?
- Tu sais très bien que tu aurais péter un câble si je l'avais fais, la preuve: tu es dans tout tes états. Je n'ai pas voulu gâcher nos retrouvailles. »
Mes parents s'aperçurent enfin de ma présence, et ma mère prit une voix mielleuse pour me dire:
- « Oh, Hebi. Bien dormi?
- On peut savoir ce qu'il se passe?
- Rien d'important.
- Pour que vous criez autant ça doit être assez important, si.
- Ta mère est furieuse que je ne l'ai pas avertie de notre visite chez Sulan. » intervint mon père.
- « Evidemment, je me suis inquiétée! » se justifia-t-elle.
- « Bon, et bien on est rentré et tu sais où on était. Je pense que tu nous as suffisamment fait savoir ta colère, peut on retrouver un peu de calme? » dis-je.
- « Certainement pas! Si tu crois que je vais laisser ton père s'en tirer comme ça. Tu prends son parti uniquement parce qu'il t'a emmené voir Sulan, si ça n'avait pas été le cas-tu te serais moqué que l'on se dispute.
- Certes, mais maintenant je vois une lueur de bonté en mon père que je ne vois pas en toi. Et j'ai bien raison de prendre son parti, car je sais qu'au fond tu es furieuse parce que nous étions chez Sulan et pas parce que nous ne t'avons pas prévenu.
- C'est ridicule, je me fiche que vous alliez chez lui.
- C'est ça, tu ne me ferras pas croire que notre absence t'a dérangée. Au fond si Papa m'avait vraiment enlevée ça t'aurait bien arrangée, avoue.
- Hebi! Je t'interdis de me parler sur ce ton!
- Tu ne m'interdis rien du tout, je n'ai plus d'ordre à recevoir de ta part. Sur ce, je m'éclipse, Orthencia va arriver. » déclarai-je.
Je ne laissai pas le temps à ma mère de protester et sortis immédiatement de la maison, mon sac à la main. Quelques secondes plus tard la voiture d'Orthencia s'arrêta devant moi, Soka m'ouvrit la portière de l'arrière.
- « Salut Hebi! Alors, ton week-end?
- Génial.
- Tu es bien enthousiasme pour une fois, qu'est-ce que tu as fais?
- Mon père m'a emmener chez Sulan.
- Sérieux?! Mais il habite super loin, non?
- Oui, mon père m'a emmené Vendredi soir et il m'a fait la surprise. On est arrivé Samedi matin.
- Super! »
Nous avons continué à bavarder, jusqu'à ce que nous arrivions au lycée. Joshua m'attendait. Je ne savais que faire car Aaron avait entamé la discussion avec Orthencia, et que je ne souhaitais surtout pas le vexer. Ce garçon est surement un médium, car au moment où je songeai à m'éclipser
discrètement il me dit:
- « Tu peux aller le voir Hebi, ça ne me dérange pas. » avec un clin d'½il.
Je ne me le fis pas dire deux fois et remerciai rapidement Aaron avant d'aller voir Joshua.
- « Salut!
- Salut Hebi, ça va?
- Super bien, et toi?
- Moi aussi. Tu as passé un bon week-end?
- Oui, j'ai vu mon frère!
- Oh, génial! Vous avez du être contents de vous retrouver.
- Bah oui carrément. Et toi, ton week-end?
- J'ai pas fais grand-chose, mais c'était bien quand même. »
Nous continuâmes à blablater de la pluie et du beau temps. C'était une des rares personnes avec qui je parlais de tout et n'importe quoi. Et ça me faisait du bien. La sonnerie retentit et je me rendis en cours, j'était à côté d'Aaron.
- « C'est bien que tu sois amie avec Joshua. » me dit-il.
- « Oui, il est sympa au fond.
- Tu comptes sortir avec lui?
- Pourquoi, ça te dérangerait?
- Non pas du tout, c'est pour ça que je t'en parle. »
Dans un sens ça me vexait que cela laisse Aaron indifférent, mais bon après tout il n'avait pas à se morfondre pour moi. Le cours battait son plein, ambiance bâillements et cliquetis de stylo. Et, comme toujours, il fallu que la question tombe sur moi:
-Hebi, qu'est-ce que j'étais entrain de dire?
-...
-Alors? Vous n'avez pas écouté? »
Je me retins de dire que 90% de la classe était incapable de dire de quoi parlait le cours.
- « Au tableau! » beugla-t-il.
Je grommelai et me levai, puis atteignit le tableau en trainant des pieds. Je pris la craie, regardai le problème d'un air dubitatif, puis dessinais un gros point d'interrogation avant de regagner ma place.
- « Vous vous fichez de moi?
- Non. Je ne peux pas résoudre ce problème et il serait stupide d'essayer en sachant très bien que je n'ai pas compris la moitié de ce que vous avez raconté, et qu'en plus je n'ai pas écouté.
- Vous avouez enfin.
- Je n'ai jamais nié, pratiquement personne dans cette classe n'a écouté de toutes façons. »
Le prof me toisa et se borna à prendre mon carnet. Fort heureusement pour lui ce n'était qu'un avertissement et il me le rendit à la fin de l'heure, intact. Quand enfin je pus me rendre en récréation (prise d'une soudaine certitude qu'il me fallait une retouche de maquillage) je fonçais aux toilettes et me regardais dans le miroir. Fausse alerte: il était parfait. « Mais qu'est-ce qu'il me prend?! » me dis-je enfin. Je me résonnai: il ne fallait surtout pas que je devienne une de ces filles qui passent leur temps à s'occuper de leur apparence. Et puis, tous les autres me regardaient suffisamment pour que quelqu'un me fasse une remarque si jamais quelque chose clochait. Je rejoignis Orthencia et Soka, nous nous assîmes sur un banc.
- « Alors Hebi, dis nous tout. » annonça Orthencia.
- « Vous dire quoi?
- Ta relation avec Joshua Richter.
- Oh, rien de spécial.
- Mais oui c'est cela, après avoir passé des heures à te disputer avec lui vous discuter maintenant ensemble comme si de rien était. C'est louche.
- Ce n'est pas louche, j'ai simplement compris qu'il a un bon fond.
- Un bon fond? C'est-à-dire?
- Il est gentil, on est juste amis.
- Vraiment? Tu n'es pas très convaincante, surtout que tu es rouge comme une tomate. » ricana-t-elle.
Je me cachais le visage avant d'avouer:
- « Ok, il est amoureux de moi.
- Super!! » s'exclama Soka.
- « Et que comptes tu faire? » demanda Orthencia.
- « Je n'en sais rien, je veux d'abord apprendre à le connaître.
- Ecoute toi, on dirait une vieille.
- Je t'emmerde Orthencia.
- Non mais c'est vrai, profite un peu. Tu pourrais même rendre jaloux Aaron.
- Loin de la mon objectif.
- Je n'ai jamais eu l'occasion de rendre jaloux un garçon, tu devrais sauter sur l'occasion! Ca à l'air marrant.
- Orthencia, ne confond pas tes rêves et les miens.
- Rabat joie. » bouda-t-elle.
Malgré tout ce qu'elle avait dit me fit réfléchir. Pourquoi à tout prix me méfier des garçons? Peut être parce que la dernière fois qu'elle avait fait confiance, j'en avais payé les frais à sa place. Mais après tout, l'histoire devait elle obligatoirement se répéter? Devais-je vraiment vivre dans la méfiance et le remord? J'avais déjà suffisamment regretté mon frère pour ne pas à nouveau me mettre des bâtons dans les roues. Maintenant qu'enfin j'allais mieux, il fallait que j'en profite sans me priver. Nous ne mangeâmes pas à la table de Sally-Rose pour une fois, car je tenais à présenter Joshua à mes amis. Ainsi même Aaron se joignit à nous. Quand nous eûmes débarrassé nos plateaux, Soka me murmura.
- « Il est plutôt beau gosse, t'as de la chance qu'il soit hétéro. »
Je pouffai de rire avant de lui donner un coup de coude. Le soir même c'est Joshua qui me raccompagna chez moi en voiture. Il s'arrêta devant chez moi, avant de demander:
- « J'aimerai savoir... as-tu réfléchis?
- Oui, un peu. A vrai dire j'aimerai en parler à Kay avant tout.
- Oui, je comprends... » murmura-t-il.
Le silence s'installa quelques minutes, puis il leva le regard vers moi. Nos yeux se croisèrent, et je finis par me pencher vers lui pour l'embrasser.

Tags : fiction - métamorphose - histoire

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