Fiction: Métamorphose, chapitre 21

Métamorphose

Dimanche 2 Octobre

Je m'éveillai à neuf heures et profitai de ce court sommeil pour passer le plus de temps avec mon frère. Il s'éveilla quelques minutes après moi, murmurant:
- « Arrête de me regarder dormir, espèce de psychopathe.
- Hey! De nous deux c'est bien toi le psychopathe. Tu m'as bien assez mater hier pour qu'aujourd'hui ça soit mon tour. » répliquai-je.
Il ouvrit les yeux puis se mit à rire, avant de m'entraîner dans son fou rire qui dura 5 bonnes minutes. Mon père avait du nous entendre car il entra dans la chambre.
- « J'ai préparé le petit déjeuner. »
Nous nous précipitâmes dans le salon tels deux gamins (que nous sommes) et s'extasiâmes sur la pile monumentale de crêpes qui trônait au milieu de la table.
- « Oh...! Merci Papa! » m'exclamai-je avant mon frère.
- « Oui, merci beaucoup! » dit-il.
Nous nous installâmes et prîmes une bonne dizaine de crêpes chacun. Alors que je m'apprêtai à sortir de table, Sulan lança:
- « Déjà rassasiée? Petite joueuse.
- Ah ouais, tu oses me défier? » répondis-je.
Nous entrâmes alors dans un concours du plus gros mangeur de crêpes, qui ne s'arrêta que lorsque je me jetai sur la dernière, triomphante.
- Haha! J'ai gagné, la dernière est à moi!
- Hey, c'est de la triche: j'en ai mangé plus quand même.
- T'en as la preuve? » le provoquai-je, savourant tant bien que mal mon trophée.
Sulan se leva en boudant et alla se doucher. Puis ce fut mon tour, et comme mon père avait prit la sienne pendant que nous faisions le concours nous partîmes faire une balade car après le repas il faudrait repartir. Sulan nous emmena dans un grand parc très sympathique où nous nous assîmes sur un banc pour discuter.
- « Alors, les notes? » me demanda Sulan.
- « Comme d'habitude, c'est très bien. » répondit mon père pour moi.
- « Toujours aussi forte en dessin?
- Faut croire. » répondis-je.
- « C'est bien, c'est ta voie: continue la dedans. Quand on a autant de talent que toi il faut persister.
- Merci. Sinon, c'est quoi ton job au juste?
- Je travaille dans un bar, comme tous mes colocataires. C'est comme ça que j'ai trouvé cette maison, ils m'ont dit qu'il y avait de la place chez eux.
- Ok, cool. » murmurai-je.
Un silence s'installa. Nous étions conscients, moi et surtout mon père, des sacrifices que Sulan avait fais en quittant la maison. Il aurait pu exercer le métier de son choix, se laisser quelques années d'études et de loisirs... Mais rien de tout cela ne pu lui arriver: il avait du tout quitter pour travailler. Comme s'il lisait dans nos pensées, il murmura:
- « Ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais très bien, je n'en veux à personne. J'ai ma part de responsabilité et je l'assume, cette vie me convient.
- Mais... 
- Chut Hebi, je sais ce que tu vas dire: que ce n'est pas ma faute et que je ne suis pas responsable de mon homosexualité. Arrête de me défendre, je n'aurai pas du déclarer si brutalement cela à ma famille, je comprends que cela puisse être dur à accepter. »
Je me tus. Jamais je ne pourrai admettre ça. Pour moi ce sont mes parents qui ont tous les tords, plus encore ma mère. Mais je savais que Sulan était trop bon pour penser une telle chose et qu'une fois encore il prenait toutes les responsabilités. Il me prit la main. Je levai les yeux vers lui et m'aperçus qu'il pleurait. Il pleurait, mais avec un sourire. Après avoir sécher nos larmes, nous rentrâmes chez lui pour préparer le repas. Nous décidâmes de faire une omelette, et autant vous dire que cela ne pu se finir dans le calme et la propreté. A peine avais-je sorti les œufs du frigo qu'il en saisit un et le cassa pour me lancer le contenu au visage. Je pestai avant d'en saisir un pour lui verser sur la tête à mon tour. Mon père entendit nos cris et intervint, mais à peine avait-il franchit la porte que Sulan lança un œuf sur son t-shirt. Après en avoir mis quelques-uns de côté pour l'omelette, nous nous servîmes du reste pour finir cette bataille. Ainsi nous dûmes repasser un a un à la douche. Sulan me passa un de ses t-shirt pour remplacer mes vêtements sales. Je devais décidément toujours finir habillée comme un garçon. Nous nous installâmes ensuite à table, et savourâmes notre dernier repas ensemble. Après cela, je me rendis dans la chambre pour réunir mes affaires, et Sulan m'y rejoignit.
- « Je peux garder ton t-shirt? » demandai-je.
- « Oui, mais seulement si en contrepartie tu me passes le tiens.
- Pourquoi?
- Parce que je veux m'endormir avec ton odeur.
- Ca fait très... pédophile. »
Sulan me regarda impatiemment, pendant que j'éclatai de rire.
- « Tu veux vraiment t'endormir avec l'odeur des œufs qui couvrent mon t-shirt?
- Je le laverai.
- Alors il n'aura plus mon odeur.
- Hum, effectivement...
- T'inquiète, je te taquine: je vais te prêter celui que je portai hier. »
Je lui tendis l'objet en question, avant qu'il ne me demande très sérieusement.
- « Tu me passerai pas ton soutien-gorge plutôt? »
Je me retournai brusquement, le fixai quelques secondes avant qu'il n'explose de rire en m'entraînant avec lui. Je lui balançai un coussin au visage, disant:
- « Abruti vas! »
Et, comme j'aurai du m'y attendre, une bataille de coussin s'engagea.

Mon père entra de nouveau.
- « Vous êtes de vrais gamins tous les deux.
- Faut croire qu'on rattrape le temps perdu. » taquina gentiment Sulan.
Je finis de préparer mon sac. Mon père le chargea dans la voiture, puis vint l'heure des au-revoir.
- « Bon, à la prochaine. » soupira mon père.
- « Oui, avec plaisir. » répondit Sulan.
Il se tourna vers moi, et quand nos regards se croisèrent je pleurai instantanément.
- « Ne pleure pas Hebi, maintenant tu sais qu'on se reverra... » murmura-t-il.
Il me prit dans ses bras, me caressa tendrement les cheveux, puis se sépara doucement. Nous entrâmes ensuite dans la voiture, et sortîmes du jardin en saluant mon frère de la main. Je m'endormis dans la voiture et nous arrivâmes à la maison dans la nuit, mon père m'accompagna dans ma chambre ou je pus terminer mon sommeil.

Tags : fiction - métamorphose - histoire

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