Fiction: Métamorphose, chapitre 18

Métamorphose

Jeudi 29 septembre


Je me suis réveillée dans la nuit, voyant que tout le monde était couché je ne me suis pas posé la question de l'heure et j'ai été directement dans ma chambre finir ma nuit. Je n'avais aucune envie de me lever quand mon téléphone sonna, et la seule motivation que je trouvai pour le faire était que sinon Orthencia allait venir pour rien (c'est dire à quel point ma vie tenait à peu de choses). Pour ce qui me parut être la première fois de ma vie, j'eus envie de me sentir jolie. Jolie à ma façon. C'est ainsi que je me retrouvai parée d'une jupe en tulle noire, d'un t-shirt rose à motif, d'un mini-veston, d'un leggings assortit d'une paire de chaussettes hautes et de Doc Martens (cadeau d'Orthencia, une paire qui ne lui allait plus.) Je perfectionnai le tout en l'assortissant d'une paire de mitaine achetée par ma tante, de boucles d'oreilles ainsi que d'une broche, puis je me coiffai de couettes basses à chouchous dépareillés. Après avoir mis une touche de maquillage, je me sentais presque déguisée.


Quand j'entrai dans la voiture d'Orthencia, elle était admirative.
- « Ouah! Hebi! Tu es à couper le souffle.
- Merci. » dis-je, un peu gênée de connaître la réaction des autres lycéens.
- « Tu devrais t'habiller comme ça tous les jours. » rêva Soka.
- « Pas question, c'est juste pour aujourd'hui.
- Dommage. » soufflèrent les deux, en même temps.
- « Tu vas me voler la vedette! » se plaignit Orthencia, en rigolant.
J'en avais bien peur. Pourquoi n'avais-je pas mis le sweat de Sulan, comme 366 jours par année bissextiles? Nous arrivâmes au lycée, et je fus prise de panique. J'imaginais déjà les regards braqués sur moi et les moqueries. Aussi je pris mon sac et filais en vitesse aux toilettes afin de rattraper le coup au mieux. Mais alors que je traversais le couloir, je me rendis compte que ce n'était pas des rires moqueurs que j'entendais mais plutôt des soupirs admiratifs. Je ralentissais pour mieux me rendre compte que tous les garçons se retournaient en gardant la bouche grande ouverte, et déjà certaines filles pestaient de me voir à la fois si classe et originale. Ce que je redoutais le plus arriva: je croisai Aaron. Il lui fallu un moment pour se rendre compte, puis il siffla avant de s'exclamer:
- « Ouah! Hebi, on te reconnait à peine.
- Pas de commentaire, je t'en supplie. » murmurai-je, honteuse.
- « Ne te cache pas, tu es superbe!
- Je ne te crois pas. J'ai l'air d'un clown.
- Regarde comme tous les garçons te matent! J'en suis presque jaloux.
- Presque.
- Est-ce que les copines à Sally-Rose seraient jalouses d'un clown?
- Je n'en sais rien, mais dans tous les cas toutes ces personnes m'intimident.
- Profites-en, pour une fois que tu attires les regards.
- Sympa...
- Ce n'est pas ce que je veux dire, mais ce n'est pas un sweat trop grand qui attirera qui que ce soit, quand bien même il a toute ton affection.
- Je sais... Mais je suis mal à l'aise.
- Allez, c'est ton jour de gloire! » dit-il, accompagnant son départ d'un signe de la main.
La sonnerie me sauva, je courus en cours de français alors même que je détestais mon prof. Il me toisa quand il vit que j'arrivai la première, eut l'air de ne pas me reconnaître, entrouvrit la bouche puis la ferma, et enfin afficha un presque-sourire amusé. Je ne sus comment le prendre alors je me contentai de me retourner afin de voir Orthencia et Soka arriver. Malheureusement ils arrivèrent de l'autre côté, ce qui laissa penser qu'ils avaient fait tout leur possible pour être en retard. J'allais m'assoir à ma place habituelle, près de Soka, quand je vis Orthencia seule. Habituellement c'était Duncan qui s'asseyait à ses côtés, je décidai donc de la rejoindre. Soka comprit, non sans affiché malgré tout une mine boudeuse. Quand je me rendis en permanence, car un de mes profs s'était fait le plaisir de s'absenter sans nous prévenir, j'eus le malheurs de tomber sur un surveillant qui nous plaçait. Mais alors que j'étais installé au fond, je le vis montrer du doigt la place à côté de la mienne. Et devinez à qui?
- « Comme on se retrouve! » ria Joshua.
Je l'ignorai tout bonnement en gribouillant quelques fantaisies sur un cahier. Si seulement il avait pu se contenter de la fermer.
- « Quel est ton prof absent? » demanda-t-il.
- « Qu'est-ce que ça peut te foutre?
- Il se pourrait que je l'ai aussi.
- Non tu ne l'as pas, c'est un prof de seconde uniquement.
- Bien, bien, pas la peine de t'énerver. Si on ne peut plus discuter.
- Non ce n'est pas bien, non je ne m'énerve pas, et non on ne peut pas discuter!
- Calme toi, tout le monde va t'entendre.
- J'en ai rien à foutre, si tu veux pas qu'on nous entende fou moi la paix.
- Qu'est-ce que j'ai fais au juste?
- Je ne te l'ai pas assez répété?! Tu n'es pas assez intelligent pour comprendre la première fois? Tu as essayé de m'embrasser devant ma petite s½ur, ça ne te suffis pas comme raison?
- Ce n'était qu'un jeu Hebi, je ne comptais pas vraiment t'embrasser. C'était une plaisanterie.
- Une plaisanterie? Tu crois que ça a fait rire Kay?
- Si elle m'avait écouté jusqu'au bout elle aurait su que c'était pour rire.
- Tu n'es pas crédible.
- Pourtant je dis la vérité.
- Et moi je ne la crois pas, que tu le veuilles ou non.
- Tu espères que je souhaitais vraiment t'embrasser? » ricana-t-il.
- « Certainement pas, ne prends pas tes rêves pour des réalités. Je te connais simplement suffisamment bien pour savoir que tu mens.
- Tu me connais? Vraiment? Et que sais tu de moi?
- Ce qu'on a bien voulu me dire, et qui n'est pas très joli à entendre.
- Tu te bases sur des rumeurs, tu sais pourtant que l'avis des gens y est pour beaucoup.
- Je sais, mais malgré tout les rumeurs ne viennent pas toutes seules. Il faut un commencement, et tu le crées très bien. J'espère que dans quelques jours tout le monde saura que tu es un dangereux violeur pédophile.
- Pédophile? Alors que je ne suis même pas majeur?
- Une façon se parler.
- Laisse moi rire, et violeur alors que j'ai juste essayé de t'embrasser?
- Tu avoues enfin.
- Mais Hebi, tu extrapoles.
- Il y a un début à tout. On commence par des ados et par embrasser de force, puis on finit avec des petites filles que l'on viole.
- Tu es ridicules.
- Pas plus que toi.
- Oh que si, moi au moins je ne déblatère pas des idioties à propos de métamorphoses où je ne sais quelles conneries.
- Je ne sais pas comment tu as appris ça, mais ne parle pas de ce que tu ne connais pas.
- Si on suit cette devise, dans ce cas ne parle pas de moi comme si tu me connaissais.
- Très bien, alors ne nous parlons pas et ça sera réglé.
- C'est vraiment comme ça que tu veux que ça finisse? Que nous ne nous parlions plus du tout?
- On ne s'est jamais parlé avant et ça ne m'a jamais manqué, alors je ne vois pas ce que ça changerait.
- C'est pour ça que tu n'as que 5 amis? Pardon, 4 maintenant qu'il n'y a plus Duncan.
- Il n'a jamais été mon ami.
- Encore pire, tu n'as donc que le gay, la suicidaire, la pétasse et le frimeur?
- Ne parle pas comme ça de mes amis! Soka est adorable, Orthencia est gothique mais certainement pas suicidaire, Sally-Rose est ton ancienne petite amie et tu ne la traites de pétasse que parce qu'elle t'a quitté et c'est toi le frimeur et certainement pas Aaron! Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas quelqu'un que tu dois avoir des préjugés sur lui!
- Alors pourquoi as-tu des préjugés sur moi?
- Parce que tu as fais de la peine à ma petite s½ur, et ça je ne le tolère pas!
- Hebi, avant ça tu t'en occupais à peine de ta petite s½ur. Tu étais cloitrée dans ta cabane H/24 et tu ne lui parlais jamais. Alors ne joue pas la grande s½ur modèle juste pour te donner une contenance.
- Je n'ai pas besoin de ça pour me donner une contenance, moi j'en ai une contrairement à certains.
- Tu parles de moi? Pourtant si j'étais vide je n'aurais pas autant d'amis.
- A des dizaines d'amis comme les tiens je préfère largement les miens, au moins je peux compter sur eux.
- Qui te dis que je ne peux pas compter sur les miens?
- Je n'en sais rien, mais une chose est sûre: ils peuvent pas compter sur toi.
- Hebi, ar... » Il fut couper pas le surveillant qui jugea que l'on bavardait trop (ce qui me donna envie de vomir), et il le déplaça.
J'étais plutôt ravie, bien qu'éc½urée par la remarque, de pouvoir enfin être tranquille. Je finis l'heure en m'avançant sur mon dessin d'arts plastiques, avant de finir la journée de cours puis de rentrer chez moi, raccompagnée par Sally-Rose.
- « Tu discutais de quoi en perm avec Joshua?
- On ne discutait pas, je l'engueulais.
- A propos de quoi?
- Oh, hum... une bêtise, c'est long à expliquer.
- Si ce n'est qu'une bêtise ça ne doit pas être si long.
- A vrai dire ce n'est pas vraiment une bêtise.
- Si tu ne veux simplement pas m'en parler tu peux le dire tu sais.
- Excuse moi, je ne voulais pas te vexer...
- Pas de problèmes, je comprends. »
La fin du voyage fut assez froide, puis elle s'arrêta devant chez moi et nous nous forçâmes à sourire pour nous faire la bise, avant que je ferme la portière et que je traverse la maison sans un mot. La salle à manger était de toutes façons vide, je pus donc me poser tranquillement dans mon canapé le temps de gouter, de faire mes devoirs puis de regarder un peu la télé avant de dîner seule puis de bouquiner quelques histoires d'horreur pour bien m'endormir.
 

Tags : fiction - métamorphose - histoire

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