Fiction: Métamorphose, chapitre 15

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Métamorphose

Lundi 26 septembre

Je me réveillai assez tôt, ayant beaucoup dormi la veille. J'enfilai mon jogging et partis courir, afin de me détendre un peu. Une fois rentrée, je déjeunai puis me douchai, avant de me préparer (enfin, à ma façon) puis de partir pour le lycée. C'est Orthencia qui passa me chercher instinctivement. Quand Soka monta dans la voiture, il fut fort surprit de me voir.
- « Hebi! Ca alors, tu n'as pas répondus à un seul de mes messages!
- Excuse moi, je n'avais pas mon portable.
- Mais où es tu allée sans ton portable?
- Cherche pas, elle veut pas le dire. » coupa Orthencia.
- Quoi?! Tu pourrais au moins partagez ça avec tes meilleurs amis!
- C'est pas le genre de choses qu'on partage avec ses amis... »
Soka allait rajouté quelque chose, mais se ravisa finalement pour bouder. Une fois au lycée, je me précipitai immédiatement vers la place où se garait habituellement Aaron. Il n'était pas encore là, je l'attendis. Sally-Rose s'approcha de moi.
- « Tiens, Hebi! Comment vas-tu?
- Comme si comme ça, et toi?
- Bien. Je suis passée devant chez toi vendredi, mais quand j'ai vu que tu n'étais pas là j'ai pensée qu'Orthencia était venue te prendre. Ou Aaron.
- Non, en fait je ne suis pas venue.
- J'ai vu ça, pourquoi?
- Je... j'étais malade.
- Ah. Tu t'es bien remise?
- Assez. »
Sur ce elle rejoignit ses amies. Aaron se gara enfin, sortit de la voiture puis m'ignora superbement.
- « Aaron! Attends!
- Attendre? C'est déjà ce que j'ai fais. J'ai attendus vendredi devant chez toi, puis j'ai attendus toute la journée que tu arrives, puis j'ai attendus le week-end que tu m'appelles, puis j'ai attendus ce matin encore une fois.
- Je... je pensais que tu ne viendrais pas comme vendredi j'étais absente...
- Oui, mais comme tu ne m'as pas prévenus et que MOI je ne veux pas te décevoir, je suis venu quand même.
- J'étais malade...
- Je sais bien que tu ne l'étais pas. Je suis passé chez toi vendredi soir, pour te donner tes devoirs. Et tes parents m'ont dis que tu n'étais pas rentrée la veille au soir.
- C'est vrai... Je... je ne sais pas trop quoi dire...
- Explique moi enfin! Je n'attends que ça! Tu ne peux pas t'absenter comme ça et revenir comme une fleur, comme si j'allais tout oublier!
- Je ne te demandes pas d'oublier, mais...
- Mais quoi Hebi?! Arrête de tourner autour du pot! Si tu as quelque chose à dire, c'est maintenant. Avant qu'il ne soit trop tard.
- Trop tard? Pour quoi?
- Pour nous...
- Pardonne moi Aaron, mais je ne peux pas t'expliquer...
- Ah, tiens donc. Ca m'aurait étonné.
- Parce que je suis cinglée Aaron! Ce qui m'est arrivé est un truc complètement improbable! On m'internerait directe si qui que ce soit était au courant!
- C'est ça. Bah dis moi, au moins je saurai à quel point tu es cinglée.
- Tu ne me croiras pas! Tu vas penser que je me fou de toi, et ça y ressemblera fortement, et ça sera encore pire.
- Ca ne peu pas être pire, et tu te fou déjà de moi.
- Tu veux vraiment savoir? Et bah ce week-end, je me suis transformée en serpent! Oui, un putain de reptile! Et j'ai été enfermée avec des tas d'autres trucs bizarres, une femme renard, un démon, un fantôme... Et j'en passe des meilleurs. Et tous ça pour quoi? Pour former une armée de monstre capable de faire reconnaître au monde entier qu'on est égaux! Alors, qu'est-ce que t'en dis?
- Ce que j'en dis? Que tu as bien raison: je ne te crois pas. Mais alors pas du tout. Pire que ça: que t'es vraiment une...une conne! Et encore, je pèse mes mots. J'en dis que tu te fou vraiment de ma gueule, que tu me prends pour un gamin. Je suis pas ta s½ur Hebi, je gobe pas tes conneries. Mes parents m'ont déjà pas réussis à faire croire au Père Noël, mais alors toi... Tu me racontes des trucs que même La Fontaine a pas su inventer. Je sais pas ce que ça t'apportes de me dire ces conneries, j'aurai du te laisser la fermer. J'aurai garder un peu d'estime pour toi. Adieu ma grande, enfin c'est beaucoup dire. Va donc t'y faire interner tiens, avec tes fantômes et je ne sais autres conneries. »
Comment réagir autrement à ça? J'ai pleuré. Bien sûre qu'il me prenait pour une tarée. Evidemment. Mais au moins j'avais dis la vérité. Au point ou j'en étais, mentir aurait été la plus belle des conneries. Pour ma conscience, la seule chose qu'il me restait, je préférais être sincère. Combien de temps suis-je restée assise la, par terre, à côté de sa voiture? Des heures je dirai. Combien de fois ai-je entendus la sonnerie retentir? Avant d'enfin me lever, et de marcher. Longtemps, dans la même direction. Toujours tout droit. Combien de jardin ai-je traversé? Combien de personne ai-je entendu crier? Combien de route j'ai franchis sans regarder, espérant me faire écraser? Combien de voiture ai-je entendu klaxonner? Je ne saurai le dire, mais enfin quand c'est ma mère qui m'a percuté, j'ai pu m'arrêter. Enfin quelqu'un s'arrêtait pour moi. Ma mère, celle que j'avais reniée celle que j'avais ignorée rembarrée... C'est elle qui s'est arrêtée au milieu de cette route. Quelle heure était-il? J'avais mal à la tête. Tant est soit il qu'elle a hurlé, avant de me reconnaître, allongée sur le bitume. Pas tout à fait inconsciente. Je l'ai sentis me relever, puis m'allonger sur la banquette de la voiture. Elle m'a emmené aux urgences, mais entre temps j'ai repris complètement mes esprits.
- « Ma...Maman?
- Oh! Hebi! Ca va? Tu sais ce qui t'es arrivé?
- Bien sûr. Tu m'as percutée en voiture alors que je traversais la route sans regarder. D'ailleurs, que faisais tu sur cette route?
- J'allais à ton lycée, la principale m'a appelé pour dire que tu n'étais encore une fois pas en cours. Comme je savais que tu étais partie ce matin, j'ai fais le chemin pour voir si je te trouvais. Ce fut le cas, malheureusement. Hebi, qu'est-ce que tu faisais la? Pourquoi... je veux dire, qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment?
- Je ne vais pas très bien. Je sens que je vais vomir.
- C'est le choc?
- Non.. C'est autre chose. Tu ne m'as pas vraiment fait mal.
- Je t'ai percutée en voiture, ça a forcément un rapport. »
Le médecin nous accueillit enfin. J'insistais pour dire que ça allait, mais le médecin tint quand même à me garder pour la fin de la journée au sein de l'hôpital, le temps que je me remette de ces derniers jours. Quand il vit que j'étais lucide, ma mère me ramena chez moi avec la consigne de me garder au lit le lendemain. Elle proposa de m'emmener voir un psychologue, ce que je refusai catégoriquement. Je n'avais pas besoin de voir un psy, je serai encore passée pour une tarée. J'avais juste besoin d'une vie normale... J'aurai tellement aimer tout reprendre à zéro, quitte à retrouver ma vie débile de solitaire. Au moins je n'aurai pas souffert autant. Ce soir là, allongée sur mon lit, je n'ai trouvé qu'une chose à faire pour me détendre. Gratter ce reste de peau, cette peau écailleuse. Ce truc dégueulasse qui m'avait mené jusqu'ici. J'ai gratté, gratté... Jusqu'à ce que mes bras soient à nus.

Tags : fiction - métamorphose - histoire

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