Fiction: Métamorphose, chapitre 14

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Métamorphose

Dimanche 25 septembre

Une fois qu'il eut détaché ses lèvres des miennes, il me poussa immédiatement à l'extérieur. Un peu sonnée, je me laissais tomber par terre avant de me repérer dans les lieux. Je reconnus immédiatement le vieux hangar abandonné à l'opposer d'une forêt, qu'il fallait obligatoirement traverser pour y accéder. En titubant, je me forçais à avancer malgré tout jusque dans les bois, la où Duncan ne pourrait m'apercevoir. Je me rendis dans le lieu le plus proche à ma connaissance: la maison d'Orthencia. Elle fut fort surprise de me voir, et pour cause elle n'avait pas eut de mes nouvelles depuis jeudi. Elle me fit malgré tout entrer, voyant que j'étais loin d'être en état de lui expliquer quoi que ce soit. Elle me mena jusqu'à son lit, ou je m'endormis enfin à peu près paisiblement.
Je ne me réveillai que le lendemain midi, au milieu du grand lit moelleux d'Orthencia. Je relevai la tête, et m'aperçus qu'elle n'était pas dans sa chambre. Je jetais un coup d'½il à l'heure avant d'aller dans le salon, où elle m'attendait devant la télé.
- « Bien dormi? » me demanda-t-elle.
- « Pas mal.
- C'est pas le tout, va quand même falloir m'expliquer.
- Oui...
- Qu'est-ce qu'il t'es arrivé? »
Je songeai un instant à ce que je pouvais lui répondre. Lui avouer la vérité était impensable, elle m'aurait jetée dehors sans hésitation (et elle aurait eu bien raison). Mais quel genre de mensonges peuvent excuser plusieurs jours d'absences sans nouvelles?
- « Tu sais, c'est compliqué...
- Je n'en doute pas Hebi. Dis moi seulement: Est-ce que ça a un rapport avec Duncan?
- ... Oui, comment le sais tu?
- Il a disparu exactement en même temps que toi. Plus de nouvelles. Plus de texto. Pas chez lui, pas au lycée... Exactement pareil. Sais tu où il est?
- Hum... Je mentirai si je disais que non...
- Où Hebi? Je t'en supplie, dis moi où!
- Je.... Je ne peux pas.
- Comment ça?
- Ce... C'est très compliqué, bien plus que tu ne puisses l'imaginer. Je ne veux pas te faire de mal Orthencia, mais un conseil: oublie le.
- Tu dis ça parce que tu le détestes.
- Non Orthencia, je suis sérieuse. Ne t'attends pas à le revoir. Je doute sérieusement qu'il revienne un jour. Je n'aurai aucun intérêt à te dire ça si c'était faux, mais moi-même je n'aurais pas du revenir.
- Explique moi Hebi, tu ne peux pas me faire avaler des choses pareilles sans me dire clairement ce qu'il sait passé...
- Ca ne sert a rien, tu me prendrais pour une folle. Je le suis sans doute, et pas qu'un peu, mais ce qui m'est arrivé est des millions de fois plus fou encore. Crois moi, te mettre au courant n'attirera rien de bon.
- Je l'aimais Hebi. Vraiment. Tu sais ce que ça fait de perdre du jour au lendemain quelqu'un qu'on aime?
- Heu, oui... » dis-je, en tripotant mon collier.
- «  Certes, excuse moi. Mais tu sais où est ton frère, tu lui parles et tu vas le retrouver un jour. Moi je ne sais rien, il a disparu sans rien dire et tu es la seule à pouvoir m'aider.
- Orthencia, tu t'es trompée sur ce type. J'aurai beau te le dire encore et encore que tu ne me croirai pas, mais je ne veux pas que tu saches la vérité. Ca te ferait trop de mal pour rien.
- Si c'est juste que tu ne veux pas que je le revoies parce que tu ne l'aimes pas dis le tout de suite.
- Mais non! Tu vois, tu ne veux pas m'écouter. Tu penses que je suis égoïste et que je veux juste vous éloigner, mais crois moi ça ne lui plairai pas du tout que tu le retrouves.
- Je ne peux pas croire ça. Je ne suis pas naïve au point de me tromper à ce point sur quelqu'un.
- Pas besoin d'être naïve pour le croire Orthencia, il joue très bien la comédie. Je sens que tu as besoin de temps pour digérer l'information, quant à moi je vais retourner chez moi... Même si je n'aime pas ma famille je ne suis pas cruelle au point de les laisser sans nouvelle encore une journée. »
Sur ces mots je réunis mes affaires et passa la porte. En me retournant pour la refermer, je m'aperçus qu'Orthencia pleurait. La première fois que je vis ma meilleure amie pleurer, et il fallut que ça soit pour Duncan. Ma maison était à environ un kilomètre de la sienne, j'arrivai donc assez rapidement chez moi. Il était treize heures passées, quand je frappai à la porte pour la première fois. Ma mère ouvrit.
- « Hebi?! Qu'est-ce que tu fais là?
- Bonjour, ravie de te revoir également.
- M'enfin ça fait trois jour que l'on ne t'a pas vu! Je pensais que tu avais fuguée!
- Et bien sûr tu ne te serais pas inquiétée au point d'appeler la police.
- J'attendais lundi pour savoir si tu revenais au lycée.
- Evidemment. Bon, je peux entrer?
- Pas si vite jeune fille, il va quand même falloir m'expliquer où tu étais.
- Pour soulager ta conscience de mauvaise mère? Non merci, on sait aussi bien l'une que l'autre que tu t'en fiches.
- Et bien, si c'est tout ce que ça te fais de rentrer à la maison tu n'as qu'à retourner là où tu as passé tes trois derniers jours.
- Si seulement j'avais le choix. »
Je la poussai afin de rentrer, avant de traverser le salon où se tenait mon père et ma s½ur, assis sur le canapé.
- « Bonjour Hebi. » dit simplement mon père.
- « Bonjour.
- Comment s'est passé ton week-end?
- Pas très bien, je dois te l'avouer.
- Ah... Voudrais tu me raconter?
- Hum... Merci bien, mais c'est inutile.
- Bon, accepterais-tu de manger avec nous?
- Vous n'avez pas encore mangé?
- Nous t'attendions.
- Merci bien, mais je ne vois pas en quel honneur.
- Peut être pour te faire pardonner de ton absence?
- Je n'ai pas à être pardonnée, ce n'était pas mon choix.
- Bien, mais accepterais tu quand même, par pure bonté?
-... Mouais, toutes façons j'ai rien à bouffer. Ok.
- Super! »
Pour la première fois depuis bien longtemps, je m'assis aux côtés de ma s½ur sur le canapé.

Ma mère retourna dans la cuisine, vraisemblablement fort agacée par mon attitude, ce qui ne me rendit que plus fière. Nous passâmes à table, mon premier vrai repas depuis bien longtemps, composé de pâtes à la bolognaises et d'une mousse au chocolat en dessert. Je sortis ensuite rapidement de table, avant de me rendre dans mon squatte afin d'avoir une conversation webcam avec Sulan.
- « Yo p'tite s½ur, ça faisait un baille.
- Salut! Ca va?
- Impec' et toi?
- Hum, bof.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive?
- Bah... c'est à propos du type dont je t'ai parlé, Duncan.
- Celui qui hypnotise tes amis?
- Oui, en fait c'est bien pire que ça.
- C'est-à-dire?
- C'est compliqué... J'ai pas trop envie de t'expliquer ça, c'est vraiment stupide. Tu me prendrais pas au sérieux.
- Hebi, quoi qu'il arrive je te prendrai toujours au sérieux.
- Oui, mais l'a ça relève de l'irréel.
- Quoi, il t'a fait pousser des ailes?
- C'est bien pire que ça, des ailes ça serait génial à côté.
- Bon, je vais pas te forcer.
- Merci. »
Nous continuâmes à parler de la pluie et du beau temps pendant plusieurs heures. Après ça j'entrepris de retrouver mon téléphone, resté dans mon sweat-shirt habituel. Non sans surprise, je lus les dizaines de messages envoyés respectivement par mes parents, Soka, Orthencia et Aaron. Aaron... J'en avais presque oublié mon petit ami. J'entrepris de l'appeler, puis je me dis qu'il serait très malvenu de refaire surface par téléphone après l'avoir laissé plusieurs jours dans nouvelles. J'attendrai donc le lendemain matin. Je tombai une fois encore de sommeil, devant la télé, jusqu'au petit matin.
 

Tags : fiction - métamorphose - histoire

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