Fiction: Métamorphose, chapitre 5

Coucou :) J'ai mis du temps (désolée) mais voila enfin la suite de Métamorphose. Sous les conseils d'une lectrice (que je remercie) j'ai décidé d'instaurer des illustrations, ça risque donc d'être plus long à faire mais c'est pour rendre votre lecture plus agréable. Pour me faire pardonner d'avoir mit du temps à le publier, ce chapitre est relativement long.
Les illustrations sont ma création et je n'accepte aucun plagiat ou reproduction identique (sans autorisation néanmoins)
Likez ou commentez si vous voulez la suite svp


 
Métamorphose
 
Vendredi 16 septembre
 
Le lendemain, je fus surprise de voir la voiture d'Orthencia s'arrêter devant chez moi.
- « Tiens, tu viens quand même?
- Bien sûr, pourquoi je ne viendrais pas?
- Je sais pas, tu m'as quand même un peu planté hier soir.
- Je suis désolée... Mais je savais que tu t'en sortirais, la preuve: tu es ici.
- Encore heureux. »
Je suis montée.
- « Qui t'a ramené?
- Quelqu'un.
- Dis moi!
- Je n'ai pas à me justifier, si tu voulais être sûre il fallait me déposer toi-même. »
J'ai frotté la plaie sur mon poignet, dont j'avais enlevé le bandage en me levant car il me démangeait.
- Comment tu t'es fais ça?
- Demande à Duncan.
- C'est la griffure d'hier?!
- Bah oui. »
Après avoir pris Soka, nous sommes arrivés au lycée. Duncan attendait à côté de notre place. Je suis descendus et l'ai soigneusement évité.
- « Hebi! Attends! Dis moi bonjour au moins!
- Te dire bonjour?! Après ce que tu m'as fais?!
- C'est rien, tu n'avais qu'à rester.
- Je ne parle pas que de ça Duncan! Regarde! » Je lui ai montré mon bras.
- « Oh... Je suis vraiment désolé, je ne croyais pas avoir autant appuyé.
- Pourtant si.
- Pardon, mais tu vas pas me faire la gueule pour ça quand même?
- Et bah si! Fallait réfléchir, crétin! » Je suis partis. J'ai pu entendre la fin de la conversation entre Soka et Duncan:
- « T'aurais pu faire attention, quand même. » dis Soka.
- « J'ai pas fais exprès.
- J'espère bien, mais tu aurais pu au moins faire preuve de tact. »
J'ai croisé Sally-Rose, qui m'a brièvement sourit avant de retourner à sa palpitante conversation. Soka m'a vite rejoint.
- « Tu me fais pas la gueule à moi, hein?
- Bien sûr que non. Ni à toi ni à Orthencia.
- Tu peux me le dire qui t'as ramené?
- Non.
- Pourquoi?
- J'ai promis de pas le répéter.
- Allez!
- No. Nada. Niet.
- Pff... C'est vrai que c'est pas cool ce qu'il t'a fait.
- Ce qui me dérange le plus en dehors de la griffure, c'est qu'il ne s'est pas excusé de me laisser comme ça. Et puis je ne comprends pas le changement brutal de comportement d'Orthencia.
- Tu sais, ce n'est pas le genre de fille à résister longtemps.
- Certes, mais la en une journée elle s'est mise à lui tomber dans les bras. »
En plein milieu du cours d'histoire, ma blessure s'est mise à re-saigner super fort. Je me suis levée pour aller à l'infirmerie, et j'ai vu Duncan soupirer. Je me suis dépêchée de me passer le bras sous l'eau glacée avant d'aller mettre un bandage.
- « Comment t'es tu fais cela? » demanda l'infirmier.
- « On m'a griffé...
- Qui?
- C'est sans importance.
- Si quelqu'un te bat tu peux le dire tu sais.
- Bien sûr que non! C'était un accident!
- Si tu le dis. »
Moi-même je n'étais pas vraiment convaincue. Car pour griffer aussi proprement et nettement une personne, il fallait être sérieusement motivé. Une fois la plaie désinfectée, trois lignes rouges se détachaient nettement sur mon bras. L'infirmier me conseilla de ne pas y toucher avant ce soir, et de changer le bandage en nettoyant la blessure avant de me coucher. Je ne suis pas retournée immédiatement en cours, car il ne restait que quelques minutes avant la sonnerie. J'ai traîné dans les couloirs, évitant les endroits où un surveillant pourrait potentiellement se trouver. Quand l'heure de la fin des cours retentit, je fis mine de revenir de l'infirmerie devant les premières personnes qui sortaient de la classe. Orthencia, suivit de peu par Duncan, m'apporta mon sac. Tandis que nous étions en voiture, elle me posa une question:
- « Duncan a proposé qu'on aille en boite ce soir, ça te dit?
- Non.
- Allez Hebi, il faut savoir s'amuser!
- On est déjà sortit hier, c'est vendredi je suis fatiguée.
- Justement! Fais la sieste et tu seras prête après.
- J'ai pas envie Orthencia.
- C'est parce qu'il y a Duncan, pas vrai?
- En partie.
- Arrête de lui en vouloir, sérieusement. Il s'excusera à coup sûr. Et puis ce n'est qu'une griffure, dans quelques jours ça sera partit.
- Ce n'est pas pour ça que je lui en veux! Il me parait louche, ce type.
- On dirait moi il y a quelques jours. Tu n'étais pas aussi distante, serais tu jalouse?
- Bien sûr que non. Fait ce que tu veux ce soir, mais sans moi. » Elle s'arrêta devant ma maison. Je descendis, claqua la portière et traversa la première maison. A ma grande surprise, la porte qui permettait d'accéder au jardin de derrière, et donc à mon squatte, était fermée.
- « Hebi, on est seuls. » dit mon père.
- « Tu peux m'ouvrir la porte?
- Pourquoi faire?
- Ca parait évidant, j'aimerai rentrer dans ma baraque.
- Mais tu es dans ta « baraque ».
- Je parle de ma vraie baraque, celle où je dors, je mange et je vie.
- Justement, c'est ça le problème. Il y a une cuisine ici, tu peux très bien y manger. Il y a une chambre, tu peux très bien y dormir.
- Si tu parles de celle de Sulan, tu rêves.
- Pourquoi?
- Je ne dormirais jamais dans la chambre de mon frère, car c'est là que vous l'avez enfermé pendant des mois.
- Il s'y est enfermé tout seul.
- Parce qu'il n'avait pas le choix!
- Ecoute Hebi, tu es assez grande pour comprendre notre décision!
- Non justement, même maintenant je ne comprends toujours pas!
- Tu sais quoi? Fais ce que tu veux, mais ne te plains pas si tu te retrouves dehors le jour de tes 18 ans.
- Je n'attends que ça. »
Il me balança les clés. J'étais furieuse, j'ai ouvert la porte et l'ai claquée. Et, histoire d'être tranquille à coup sûr, j'ai fermé le verrou de l'extérieur. Ils avaient un double de la clé, mais je pense qu'ils n'oseraient pas s'y risquer. Mon père avait osé me dire ça. Qu'il en soit ainsi. A peine arrivé, j'ai sauté dans ma salle de bain. J'ai mis un CD de emocore dans mon lecteur, puis j'ai fais couler de l'eau bien chaude. J'ai retiré mes chaussette, mon sweat et mon t-shirt, puis j'ai été chercher de quoi manger. En attendant que l'eau coule, j'ai grignoter quelques biscuit et un peu de crème glacée, puis j'ai bu un vers de soda avant de rajouter du savon dans la baignoire pour faire de la mousse. J'ai lâché ma longue chevelure rousse, puis j'ai retiré mon jean et mes sous vêtements avant de plonger dans l'eau. Un rasage complet s'imposait (mes jambes et mes aisselles étaient... envahies). Ce n'était pas franchement mon genre de me préoccuper de ma pilosité, mais il fallait bien avouer que ça dépassait les limites de la négligence. Après cela j'ai lavé mes cheveux, puis je me suis séchée. Après avoir passé plus d'une demi heure à sécher mes cheveux, une furieuse envie d'aller en boite m'atteignit. J'enroulai une serviette autour de moi, puis je me rendit dans ma chambre. J'ouvrit mon armoire, puis saisit un top décolleté et un jean slim. Après les avoir enfilés, je me fis une natte sur l'épaule, puis saisit ma trousse à maquillage que je réservait au peu de soirée auxquelles j'assistait. Après avoir appliqué un fard à paupières noir, un rouge à lèvres bordeaux, un trait d'eyeliner et du mascara, je choisis une paire de boucles pour oreilles non percées et quelques bracelets colorés. Je me vernis les ongles d'un rouge vif, en enfila une veste en cuir et des escarpins rouges offerts par ma s½ur (une de ses nombreuses tentatives pour me féminiser, ou pour me Mac Winsler comme je disais parfois affectueusement).
Fiction: Métamorphose, chapitre 5

Je mit mon portable dans ma poche, puis sortis de mon squatte en fermant la porte à clé (rapport à une certaine blondasse capable de fouiner n'importe où). Je traversai la maison à toute vitesse, sans répondre aux appels de mon père. Kay se planta devant la porte pour m'empêcher de passer.
- « Tu vas où? 
- Loin de toi! » dis-je, en la poussant. Juste avant de claquer la porte je leur lança:
- « Loin de vous tous ».
Ma mère tenta d'envoyer quelques texto, réponses vaines. Alors que je marchait sur le trottoir, un garçon de ma classe du nom de Aaron, s'arrêta en voiture.
- « Hebi? C'est toi?
- Euh... oui, tu me reconnais pas?
- C'est-à-dire que ça change de ton sweat trop grand.
- Ah, oui.
- Tu vas où?
- En boite.
- A pied? Mais la plus proche est à plus de 5 kilomètres.
- J'ai pas de voiture...
- J'y vais aussi, tu veux que je te déposes?
- Pourquoi pas, merci.
- Tu vas à laquelle?
- N'importe, comme toi. Si ça ne te déranges pas.
- Pas de problème . » finit-il.
Je montai dans sa voiture, plutôt ordinaire. Aaron était un garçon calme, très sympa. Il était métisse, avec des cheveux longs et ondulés. Ses yeux bleu-vert ressortaient de son visage rond, il était bien musclé. Il portait habituellement des vêtements style reggae, des t-shirts larges et des bermudas, voir des jeans larges en hiver. Il arborait toujours une dent de requin autour du coup, et un anneau à l'oreille. Ses cils étaient longs, et ses yeux en amande. Il avait un adorable sourire, et portait des bracelets brésiliens. Ce soir là, il avait une chemise ocre et un pantalon serré gris foncé, et portait une paire de tennis noires.
Fiction: Métamorphose, chapitre 5

Ses fines mains chaudes posées sur le volant, il regardait la route tout en me parlant.
- « Tu retrouves quelqu'un? » me demanda-t-il.
- « Non, j'ai juste eu envie de sortir ce soir. Et toi?
- Non plus. Enfin je connais des gens un peu partout.
- Tu sors souvent?
- Tous les vendredi. Pas toi, je me trompe?
- En réalité c'est la première fois que j'y vais.
- Un baptême? Super!
- Rassure moi, tu ne vas pas me faire faire je ne sais quelle connerie?
- Mais non, mais non.
- Ton sourire dit le contraire. »
Il se gara devant une discothèque populaire, mais pas trop blindée. Il m'ouvrit la portière, puis nous nous engageâmes dans la rue. Après avoir traversé la route, nous entrâmes dans la boite de nuit. Aaron me paya l'entrée, je le remerciai. Une fois à l'intérieur, la musique retentissait à travers la pièce. Je crus comprendre qu'il aimait cette chanson, car il m'entraina au centre de la piste. Après avoir dansé un peu, je commençais à avoir soif. Mais en rejoignant le buffet, je croisai quelques personnes indésirables.
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- « Qu'est-ce que vous faites ici?
- C'est plutôt à moi de te poser la question. Je croyais que tu ne venais pas » me répondit Duncan.
- « Hebi? Quelle surprise! Comment nous as tu trouvé? » dit Orthencia.
La vision de ma meilleure amie en robe moulante noire me fit frémir. Elle portait très bien le dos dégagé, laissant apparaître son tatouage, et les immenses bottes. Mais ce n'était tellement pas elle... Toutes ces paillettes, ces anneaux aux oreilles, ce vernis fuchsia, ce fard à paupière violet et ce gloss ambré... Non, en temps normal elle n'aurait jamais porté ça. Et ce collier en forme de crocodile m'intriguait.
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- « Je ne vous ai pas trouvé, c'est une pure coïncidence » répondis-je enfin, en fixant toujours le médaillon.
- « Tu aimes? C'est Duncan qui me l'a offert.
- Je ne pensais pas que tu portais ce genre de choses.
- Il m'a fait découvrir de nouvelles choses que j'apprécie » dit elle, suggestive.
Aaron me rejoignit, tout aussi surpris de les voir ici.
- « Tes amis sont là aussi?
- Ouais.
- Je croyais que tu n'avais rien prévu.
- Je n'avais rien prévu. A croire que quelqu'un m'observe.
- Tu veux que j'aille te chercher un verre d'eau?
- Pas la peine, j'y vais moi-même.
- Attends, je t'accompagne ».
Je demandai un verre au barman, le vidai d'une traire, en prit un autre, puis après en avoir bu la moitié laissai Aaron boire le reste. Soka me croisa sur le chemin.
- « Tiens, Hebi! Tu es finalement venue! Je suis ravi!
- Je ne veux pas casser ta joie, mais je n'ai pas fais exprès...
- Oh... Peut importe, qui est ce charmant jeune homme qui t'accompagne?
- Aaron, il est dans ma classe.
- Ravi de te rencontrer, je suis Soka.
- Moi de même » répondit Aaron, avant de m'entraîner plus loin. Quelques minutes plus tard, Orthencia et Duncan nous rejoignirent sur la piste de danse.
- « Au fait Hebi, tu es sublime ainsi. Ca te vas bien mieux que les fringues trop grandes. » dit-il, en me détaillant de haut en bas, et surtout là où il ne faut pas.
Je décidai de l'ignorer. Quand vint l'heure des slow, Duncan m'obligea à danser avec lui. Il m'attrapa par la taille et m'attira contre lui, je n'avais pas assez de force pour riposter.
- « Lâche moi! » répliquai-je, en me débattant.
- « Décoince toi, on s'amuse.
- Ca ne m'amuse pas, fiche moi la paix Duncan! »
Alors qu'il ressaierait ses bras de plus en plus bas, Aaron intervint.
- « Laisse là, c'est un conseil. » dit-il, très calme.
- « Vous êtes ensemble? Ne t'inquiète pas, je ne ferai rien à ta copine.
- Je ne déconne pas Duncan, lâche la tout de suite.
- C'est toi qui va m'y obliger peut être? » finit il.
Aaron lui mit un coup de poing dans le nez. Duncan lâcha prise, pour serrer ses mains contre son visage qui pissait le sang. Aaron m'attrapa le poignet, puis nous allâmes récupérer nos vestes avant de sortir de la boite.
- «  Tu peux me lâcher le bras s'il te plait, j'ai encore une plaie... » dis-je.
- « Oh, excuse moi! J'avais oublié. » répondit il, en m'attrapant la main à la place.
Je m'aperçus alors que je saignais. Aaron n'avait pas serrer suffisamment fort pour rouvrir la plaie.
- « Je t'ai fais ressaigner? » demanda-t-il, inquiet.
- Non, ce n'est pas toi. J'aurai crié si tu avais tenu si fort.
- Qu'est-ce que c'est alors?
- Je n'en sais rien... »
Il prit une trousse de secours dans sa voiture, et en sortit des bandelettes. Il m'en enroula un morceau autour du poignet, et l'attacha avec une épingle à nourrice accrochée à son jean.
- « Merci. Tu sais, tu n'étais pas obligé pour Duncan.
- Il le méritait. Au pire, je ne donne jamais mon vrai nom sur les registres. C'est une fausse carte d'identité, pour passer dans les discothèques alors que je suis trop jeune.
- Bonne astuce. On va où du coup?
- Il y a un endroit que je voudrais te faire voir. » dit il.
Nous montâmes en voiture, puis il s'arrêta quelques kilomètres plus loin. Il me guida devant une falaise, et devant moi se tenait une vue spectaculaire. La lune paraissait immense dans cette endroit, d'autant plus qu'elle était pleine aujourd'hui.
- « Ca te plait?
- Bien sûr! Comment as-tu su que j'étais fan de la lune?
- Disons que je t'ai un peu entendus parler avec Orthencia hier, j'étais pas loin de vous dans la cours. Et je suis à la table d'à côté en arts plastiques, j'ai donc pu admirer tes dessins.
- Admirer est un bien grand mot.
- Si, je trouve que tu dessines superbement bien.
- Flatteur » répondis-je, en rougissant.
Il a du voir que je grelotait un peu, car il posa son gilet sur mes épaules. Il m'embrassa tendrement dans le cou, puis je posa ma tête sur ses genoux.
Fiction: Métamorphose, chapitre 5

Peu de temps après, il me ramena chez moi. Nous restâmes face à face, silencieux, à nous regarder dans les yeux sur le seuil de ma porte. Sans avoir besoin de mot, il s'approcha de moi, puis mis ses mains dans mon dos et m'attira contre lui. J'aurais aimé lui proposé de rester à dormir, mais pas encore, pas déjà... Il était trop tôt, ou peut être trop tard, pour l'inviter. Il pencha la tête, puis frôla mes lèvres plusieurs fois, avant que nous échangeâmes mon premier, et magnifique baiser.
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Tags : fiction - histoire - métamorphose

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